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Rapport 29 juin 2026

Notre proposition pour l'initiative européenne sur l'IA d'avant-garde

Dans un mémo adressé au Bureau européen de l'IA et au groupe de travail de l'initiative pour l'IA d'avant-garde, nous proposons qu'avant d'entraîner un nouveau modèle à partir de zéro, l'Europe pourrait passer à l'échelle l'API Albert pour en faire une plateforme souveraine d'accès à l'IA d'avant-garde.

En avril 2026, Anthropic a réservé l'accès à ses capacités d'IA les plus avancées en cybersécurité, capables de découvrir et d'exploiter seules les failles des logiciels qui font tourner les infrastructures critiques, à un consortium exclusivement américain. Aucune institution européenne n'y figurait : ni les opérateurs d'infrastructures critiques, ni les services nationaux de cybersécurité, ni les ministères de la défense n'ont pu s'en servir pour protéger les systèmes dont l'Europe dépend. Sans capacités souveraines, l'Europe ne peut pas utiliser les IA les plus avancées pour défendre ses propres infrastructures. C'est précisément la situation que l'initiative pour l'IA d'avant-garde a été créée pour corriger.

Lancée en novembre 2025 à Berlin par la France, l'Allemagne et la Commission européenne, cette initiative est une structure public-privé à but non lucratif, dotée d'une équipe exécutive, d'un conseil et d'un comité d'experts de haut niveau, chargée de doter l'Europe d'une IA d'avant-garde souveraine. Six mois après son lancement, elle hésite encore entre plusieurs voies : entraîner de zéro un modèle d'avant-garde européen, parier sur un changement de paradigme, miser sur l'intégration verticale ou construire de la capacité de calcul. Ce mémo, adressé au Bureau européen de l'IA et au groupe de travail de l'initiative, défend une priorité unique et immédiatement exécutable : passer à l'échelle et européaniser un système qui fonctionne déjà.

La France opère, via la direction interministérielle du numérique (DINUM), l'API Albert, le déploiement d'IA souveraine le plus mature d'Europe aujourd'hui, déjà au service de plus de 70 projets publics. Nous proposons d'en faire une plateforme souveraine d'accès à l'IA d'avant-garde (Sovereign Frontier Access Layer), ouverte aux administrations et aux opérateurs d'infrastructures critiques de toute l'Union, couplée à des capacités d'audit, d'adaptation des modèles sous juridiction européenne et de cyberdéfense. Pour environ un milliard d'euros sur trois ans, soit un à deux ordres de grandeurs moins que le coût d'entraînement d'un modèle de frontière, l'Europe peut atteindre dès maintenant le socle minimal de souveraineté que l'initiative doit garantir pour rester un instrument sérieux.

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